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Purin d’ortie : bienfaits, recette maison et dosage

purin d'ortie : recettes et conseils d'utilisation

par Pierre de France Serres

Le

- Mis à jour le

Le purin d’ortie est l’une des préparations naturelles les plus polyvalentes du jardin : engrais azoté, stimulateur immunitaire, répulsif contre les insectes, fongicide. Autrefois interdit, il est à nouveau légal depuis le décret du 25 juin 2011, et fait aujourd’hui partie de la boîte à outils de tout jardinier pratiquant l’agriculture biologique ou raisonnée. Ce guide vous explique ses bienfaits, comment le fabriquer chez vous, et à quelle dilution l’utiliser selon les usages.

Ce qu’il faut retenir :

Le purin d’ortie se prépare avec 1 kg de feuilles fraîches pour 10 litres d’eau de pluie, en laissant fermenter 5 à 14 jours selon la température (optimum : 20 °C). Il s’utilise toujours dilué : à 10 % pour l’arrosage au pied, à 2-5 % en pulvérisation foliaire. Il est efficace sur toutes les plantes sauf les légumineuses. Légal en France depuis 2011 en tant que préparation naturelle peu préoccupante (PNPP), il se conserve jusqu’à 6 mois en bidon opaque à l’abri de la lumière.

Bienfaits du purin d’ortie pour le jardin

L’ortie (Urtica dioica) est une plante exceptionnellement riche en azote, en fer, en potassium, en calcium et en oligo-éléments. Ces propriétés sont non seulement conservées mais amplifiées lors du processus de fermentation par macération, qui libère les composés actifs dans l’eau et les rend directement assimilables par les plantes. Le purin qui en résulte cumule quatre usages distincts selon la concentration d’application.

BienfaitMécanisme d’actionMode d’applicationPlantes concernées
Engrais azotéL’azote et le fer contenus dans le purin stimulent la croissance végétative et la synthèse de chlorophylleArrosage au pied, dilué à 10 %Toutes sauf légumineuses
Stimulateur immunitaireRenforce les défenses naturelles des plantes, les rendant plus résistantes aux maladies fongiques (mildiou, oïdium)Pulvérisation foliaire, dilué à 2-5 %Tomates, pommes de terre, rosiers, courges
Répulsif insectesL’odeur et les composés volatils éloignent pucerons, aleurodes (mouches blanches) et limacesPulvérisation foliaire, dilué à 2-5 %Toutes les plantes du potager
Désherbant naturelÀ forte concentration (pur ou très peu dilué), brûle les végétaux par contact directApplication directe, pur ou très concentré, cibléMauvaises herbes uniquement, ne pas utiliser près des plantes cultivées
Tableau récapitulatif des bienfaits du purin d’ortie selon l’usage.

Un engrais azoté et ferrique accessible à tous

L’ortie est l’une des plantes les plus riches en azote du règne végétal. Cette richesse en azote est précieuse pour les cultures : l’azote est l’élément nutritif qui gouverne la croissance des parties vertes (tiges, feuilles) et la vigueur générale du plant. Le purin d’ortie apporte également du fer, indispensable à la synthèse de la chlorophylle. Si le sol de votre jardin est naturellement pauvre en matière organique ou si vos plants montrent des signes de chlorose (jaunissement des feuilles), un arrosage régulier au purin d’ortie dilué à 10 % leur redonnera rapidement de la vigueur. Cet apport azoté est particulièrement bénéfique en début de saison, pendant la phase de croissance végétative, avant la floraison.

Un stimulateur immunitaire contre les maladies fongiques

Au-delà de son rôle d’engrais, le purin d’ortie est reconnu comme un stimulateur des défenses naturelles des plantes. Appliqué en pulvérisation foliaire à 2-5 %, il renforce la résistance des plants contre les maladies cryptogamiques, notamment le mildiou et l’oïdium. Cette action antifongique est préventive : elle n’éradique pas une maladie déjà installée, mais réduit significativement les risques d’apparition lorsqu’elle est appliquée régulièrement tout au long de la saison. Les plantes les plus sensibles aux maladies fongiques (tomates, pommes de terre, rosiers, cucurbitacées) sont les premières bénéficiaires de ces pulvérisations régulières.

Un répulsif efficace contre les insectes ravageurs

Le purin d’ortie est également utilisé comme répulsif contre les principaux insectes ravageurs du potager : pucerons, aleurodes (mouches blanches) et limaces. Son action répulsive repose sur son odeur forte et sur les composés volatils libérés par la fermentation, qui perturbent les insectes et les incitent à quitter les plantes traitées. Pour un effet répulsif optimal, pulvérisez le purin dilué à 2-5 % directement sur le feuillage, le matin ou le soir (jamais en plein soleil pour éviter les brûlures foliaires), en veillant à bien imprégner la face inférieure des feuilles où les insectes se réfugient. Renouvelez l’application après chaque pluie.

Un désherbant naturel à manier avec précaution

Utilisé pur ou très concentré, le purin d’ortie peut servir de désherbant naturel : sa forte concentration en composés actifs brûle les végétaux sur lesquels il est appliqué directement. Cette utilisation doit donc rester ciblée et ponctuelle. Appliquez-le exclusivement sur les mauvaises herbes à éliminer, en évitant tout contact avec les plantes cultivées et en veillant à ne pas imprégner le sol en excès pour préserver les nappes phréatiques. Pour un usage désherbant, le purin pur ou dilué à 5 % maximum est suffisant.

Bon à savoir : Purin végétal vs purin animal

Le purin d’ortie est un purin végétal, à ne pas confondre avec le purin animalier (fumier dilué, lisier). Le purin végétal agit directement sur la santé des plantes et leurs défenses immunitaires. Le purin animalier, lui, joue principalement un rôle de vivifiant et d’amendement du sol, sans les propriétés antifongiques ou répulsives du purin d’ortie.

recette du purin d'orties
Malgré une odeur très forte, le purin d’orties offre de nombreux bienfaits

Dosage et périodes d’utilisation du purin d’ortie

Le purin d’ortie s’utilise exclusivement dilué dans de l’eau, jamais pur sur les plantes cultivées, sauf en usage désherbant ciblé sur les mauvaises herbes. La concentration varie selon le type d’application et l’objectif recherché. Le printemps, lorsque les végétaux sont en pleine croissance, est la période d’utilisation idéale. Il peut également être utilisé à l’automne quand les plantes constituent leurs réserves pour l’hiver.

Tableau des dilutions selon l’usage

Mode d’applicationDilutionPréparation pratiqueFréquence conseillée
Pulvérisation foliaire2 à 5 %2 à 5 cl de purin pour 1 litre d’eauToutes les 1 à 2 semaines en prévention
Arrosage au pied10 %1 litre de purin pour 10 litres d’eau (1 arrosoir)Toutes les 2 à 3 semaines en phase de croissance
Goutte-à-goutte1 à 3 %1 à 3 cl de purin pour 1 litre d’eauHebdomadaire en saison
Trempage de racines20 %200 ml de purin pour 1 litre d’eauPonctuellement, avant repiquage ou transplantation
Désherbant cibléPur ou très concentréPurin non dilué, appliqué directementPonctuellement, par temps sec et ensoleillé
Doses de dilution du purin d’ortie selon le mode d’application. Base : purin concentré obtenu après fermentation complète.

Règles d’application à respecter

  • Arroser la terre avant l’application : si le sol est sec, arrosez d’abord à l’eau claire avant d’apporter le purin. Un sol déjà humide permet une meilleure absorption des nutriments et évite de brûler les racines.
  • Ne jamais pulvériser en plein soleil : les gouttelettes concentrent la lumière et peuvent provoquer des brûlures foliaires. Pulvérisez le matin tôt ou en soirée.
  • Stoppez le purin d’ortie à la floraison : l’azote favorise la croissance végétative (feuilles, tiges) au détriment des fleurs et des fruits. À partir des premiers boutons floraux, passez au purin de consoude, riche en potasse et phosphore.
  • Évitez les légumineuses : haricots, pois, fèves et lentilles sont agissent comme des engrais verts en fixant naturellement l’azote atmosphérique grâce à leurs nodosités racinaires. Un apport supplémentaire en azote serait contre-productif.
  • Matériel : utilisez un pulvérisateur pour les applications foliaires ou la pomme d’un arrosoir pour les arrosages au pied. La pomme d’arrosage délivre de fines gouttelettes aussi efficacement qu’un pulvérisateur.

Où trouver et comment récolter les orties

L’ortie pousse naturellement dans les zones riches en azote : lisières de forêts, haies, bords de chemins, terrains en friche. Elle apprécie les sols frais, riches en matière organique, et les zones semi-ombragées. En avoir dans un coin de jardin est un atout réel : cela évite de chercher sa récolte à l’extérieur et profite également à la faune locale : coccinelles, papillons et nombreux insectes auxiliaires s’y reproduisent. Les graines d’ortie se sèment facilement en pleine terre au printemps ou à l’automne, dans une zone peu fréquentée du jardin.

Intérêt de cultiver ses orties au jardin

Laisser pousser un carré d’orties dans une zone écartée du jardin présente plusieurs avantages au-delà de la fabrication du purin. L’ortie assainit les sols trop riches en nitrates, en phosphates ou en calcaire. Elle accueille la ponte de plusieurs espèces de papillons (petite tortue, paon-du-jour, vulcain) dont les chenilles se développent exclusivement sur ses feuilles. Elle attire les coccinelles, qui sont des prédatrices naturelles des pucerons. Enfin, les graines d’ortie sont une source alimentaire pour de nombreux oiseaux des jardins. Un carré de 1 à 2 m² suffit pour produire régulièrement la quantité nécessaire à la fabrication du purin.

Comment récolter les orties en toute sécurité

  1. S’équiper avant de commencer – Portez impérativement des gants épais (gants de jardinage ou gants en cuir) et un vêtement à manches longues. Les poils urticants de l’ortie injectent de l’acide formique sous la peau au moindre contact, les piqûres, bien que sans danger, provoquent de fortes démangeaisons pendant plusieurs heures.
  2. Choisir et couper les bonnes tiges – Privilégiez les jeunes feuilles situées en bout de tige : elles sont les plus riches en principes actifs. Évitez les tiges montées en graines (reconnaissables à leurs petites fleurs pendantes) : incluses dans la fermentation, les graines risquent de germer dans votre jardin lors de l’épandage. Taillez à l’aide d’un sécateur ou de ciseaux, à environ 20 cm de longueur.
  3. Stocker dans un filet ou sac perforé – Rangez les orties coupées dans un filet en plastique ou un sac à pommes de terre. Les feuilles resteront bien contenues et la future préparation contiendra moins de débris à filtrer. Évitez les sacs hermétiques qui compactent les tiges et créent de l’humidité.

Si vous vous faites piquer

Frottez immédiatement la zone avec des feuilles de plantain lancéolé (Plantago lanceolata), une plante qui pousse souvent à proximité des orties. Broyez et appliquez les feuilles pendant 3 à 5 minutes : l’effet calmant est quasi immédiat grâce aux mucilages qu’elles contiennent.

composition purin d'ortie
Les orties sont plus faciles à dénicher qu’à cueillir…

Recette du purin d’ortie maison (10 litres)

Fabriquer son purin d’ortie chez soi est simple et économique. La recette de base produit 10 litres de purin concentré à partir de 1 kg d’orties fraîches. Ce concentré sera ensuite dilué avant chaque utilisation selon les dosages indiqués dans la section précédente.

Matériel nécessaire

  • 1 kg de feuilles d’orties fraîches (de préférence jeunes feuilles, sans tiges montées en graines)
  • 10 litres d’eau de pluie (l’eau du robinet, calcaire, peut inhiber certains principes actifs de l’ortie)
  • Un contenant de plus de 10 litres en bois ou en plastique (évitez impérativement le métal, qui s’oxyde au contact du purin et perturbe la fermentation)
  • Des bidons opaques pour le stockage du purin filtré
  • Un grand torchon ou tissu pour couvrir le contenant (sans fermer hermétiquement)
  • Un entonnoir pour le transvasement
  • Gants de protection

Étapes de fabrication

  1. Découper les orties finement : Plus les morceaux d’ortie sont petits, plus la fermentation sera rapide et complète. Hachez-les à la main, aux ciseaux, ou passez-les à la tondeuse si vous en disposez en grande quantité. Placez-les directement dans un vieux bas en nylon ou un sac à thé géant : cela supprime l’étape de filtration ultérieure.
  2. Mettre en macération dans l’eau de pluie : Placez les orties dans le contenant et versez les 10 litres d’eau de pluie par-dessus. Remuez pour bien immerger toute la matière végétale. Installez le contenant dans un endroit ombragé et éloigné de la maison (au fond du jardin, près du compost) pour limiter les nuisances olfactives.
  3. Couvrir sans fermer hermétiquement : Posez un torchon ou un tissu sur le contenant, maintenu par un élastique ou une ficelle. Ce couvercle perméable protège le mélange des impuretés (feuilles mortes, insectes) tout en laissant les gaz de fermentation s’échapper. Un contenant fermé hermétiquement générerait une accumulation de gaz et une odeur extrêmement désagréable.
  4. Remuer quotidiennement : Remuez au moins une fois par jour, idéalement deux à trois fois. Le brassage oxygène le mélange, accélère la fermentation et limite les mauvaises odeurs. Remuez pendant au moins 30 secondes en soulevant bien la matière végétale du fond.
  5. Surveiller la fin de fermentation : La fermentation est terminée lorsqu’il n’y a plus aucune bulle à la surface du liquide. La durée varie selon la température ambiante : 5 à 7 jours à 20 °C (conditions optimales au printemps), 10 à 14 jours si la température est inférieure à 15 °C. Au-delà de 25 °C, la fermentation s’emballe et le mélange risque de pourrir plutôt que de fermenter. Indicateur de réussite : un purin bien fermenté dégage une odeur proche du purin de vache. S’il sent vraiment nauséabond et putride, la fermentation s’est mal passée (température trop élevée ou contenant fermé).
  6. Filtrer et mettre en bouteilles : Filtrez le purin à travers une passoire fine ou un tissu pour séparer le liquide des résidus solides. Les résidus végétaux solides peuvent être directement compostés ou enfouis au pied des plantes comme paillis nutritif. Transvasez le liquide filtré dans des bidons opaques à l’aide d’un entonnoir.

⚠️ Proportions à respecter impérativement : 1 kg d’orties fraîches pour 10 litres d’eau. Ce purin est un concentré, il doit toujours être dilué avant usage (voir tableau des dosages). Utilisé pur sur les plantes cultivées, il brûle les racines et le feuillage.

Astuces pour accélérer la fermentation

Si vous souhaitez obtenir votre purin d’ortie plus rapidement, plusieurs techniques permettent de raccourcir le temps de fermentation sans compromettre la qualité du produit final. Ces astuces sont particulièrement utiles en début de saison, lorsque les plants ont besoin d’un apport azoté rapide.

  • Broyer les orties très finement : plus la surface de contact entre la matière végétale et l’eau est grande, plus les principes actifs se libèrent vite. Passez les orties au mixeur ou hachez-les aussi finement que possible avant la mise en macération.
  • Réaliser la préparation à 20 °C : le printemps est la période idéale. Si la température extérieure est fraîche, placez le contenant dans un endroit légèrement chauffé (serre froide, abri de jardin orienté sud) sans jamais dépasser 25 °C.
  • Couvrir d’un film plastique transparent : recouvrir le contenant d’un film plastique (sans fermer hermétiquement, percez quelques trous) crée un effet de serre qui élève légèrement la température du mélange et accélère la fermentation d’un à deux jours.
  • Augmenter la fréquence de brassage : remuer trois à quatre fois par jour au lieu d’une seule fois raccourcit sensiblement la durée de fermentation.

À quel moment récolter les orties ?

Récoltez au printemps, avant que les tiges ne montent en graines. C’est à ce stade que les jeunes feuilles, situées en bout de tige, sont les plus concentrées en nutriments et en composés actifs. Une deuxième récolte est possible en été après la coupe des premières tiges.

Comment limiter l’odeur du purin d’ortie

L’odeur forte du purin d’ortie en fermentation est inévitable, c’est le signe que le processus biologique fonctionne correctement. Un purin bien fermenté dégage une odeur comparable à celle du purin de vache : désagréable mais supportable. En revanche, une odeur vraiment nauséabonde et putride indique un problème de fermentation (voir FAQ). Plusieurs mesures permettent de réduire les nuisances sans perturber la qualité de la préparation.

  • Placer le contenant dans un endroit ombragé et éloigné : à l’ombre, la température monte moins vite et la fermentation est plus lente et moins odorante. Un emplacement au fond du jardin, près du compost, est idéal. La chaleur directe du soleil accélère la fermentation mais génère davantage d’odeurs et risque de faire dépasser les 25 °C.
  • Ne jamais fermer hermétiquement le contenant : un couvercle hermétique emprisonne les gaz de fermentation à l’intérieur du récipient. À l’ouverture, ces gaz concentrés se libèrent d’un coup et propagent une odeur extrêmement forte. Un simple tissu posé sur le contenant permet aux gaz de s’échapper en continu et progressivement.
  • Remuer régulièrement : un brassage fréquent (deux à trois fois par jour) maintient le mélange oxygéné, ce qui favorise une fermentation aérobie moins malodorante qu’une fermentation anaérobie. Un mélange peu remué produit des composés soufrés très odorants.
  • Ajouter un peu de valériane ou d’écorce de chêne : certains jardiniers ajoutent quelques gouttes de préparation de valériane ou des morceaux d’écorce de chêne dans le mélange pour atténuer les odeurs sans affecter la qualité du purin.

Conservation et durée d’utilisation du purin d’ortie

Une fois la fermentation terminée et le purin filtré, il est tout à fait possible de le stocker pour l’utiliser tout au long de la saison ou même jusqu’à la saison suivante. Une bonne conservation préserve les principes actifs et l’efficacité du produit.

Conditions de conservation optimales

  • Contenant : utilisez des bouteilles ou bidons opaques, hermétiquement fermés. L’opacité est essentielle, car la lumière dégraderait les composés actifs du purin en quelques semaines.
  • Température : stockez dans un endroit frais et stable : cave, garage, abri de jardin ombragé. Évitez les variations importantes de température.
  • Durée : le purin d’ortie bien conservé reste pleinement efficace pendant 3 à 6 mois. Au-delà, il perd progressivement ses propriétés fertilisantes et antifongiques, mais reste utilisable comme simple amendement du sol.

Que faire des résidus solides après filtration ?

Les résidus solides d’orties récupérés lors de la filtration sont riches en matière organique et en nutriments partiellement libérés. Deux valorisations sont possibles : les incorporer directement au compost (où ils achèveront leur décomposition), ou les enfouir superficiellement au pied des plantes comme paillis nutritif. Dans les deux cas, évitez de les laisser sécher à l’air libre car ils peuvent sentir mauvais et attirer des nuisibles.

Autres purins végétaux à connaître

Le purin d’ortie est le plus facile à réaliser et le plus polyvalent, mais d’autres purins végétaux peuvent le compléter selon vos besoins :

  • Purin de consoude : riche en potasse et en phosphore, prend le relais du purin d’ortie à la floraison pour favoriser la production de fruits et de fleurs.
  • Purin de prêle : riche en silice, renforce les parois cellulaires des plantes et les rend plus résistantes aux champignons et aux insectes perceurs.
  • Purin de sureau : répulsif puissant contre les insectes ravageurs, notamment les pucerons et les acariens.

Légalité des purins végétaux

Tous les purins végétaux ne sont pas autorisés en France. Avant de préparer un purin autre que l’ortie, vérifiez qu’il figure bien dans la liste des Préparations Naturelles Peu Préoccupantes (PNPP) autorisées. Le purin d’ortie, le purin de consoude et le purin de prêle sont autorisés. Certains autres purins (absinthe, tabac) nécessitent des vérifications préalables.

comment faire du purin d'ortie
Le purin d’orties est très simple à confectionner

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour faire fermenter le purin d’ortie ?

La durée de fermentation dépend directement de la température ambiante. À environ 20 °C (conditions idéales, typiques du printemps), le purin est prêt en 5 à 7 jours. En dessous de 15 °C, comptez 10 à 14 jours. Au-delà de 25 °C, la fermentation s’emballe et le mélange risque de pourrir. La fermentation est terminée lorsqu’il n’y a plus aucune bulle à la surface. Vous pouvez également la confirmer par l’odeur : un purin bien fermenté sent le purin de vache, désagréable mais caractéristique.

Peut-on utiliser le purin d’ortie sur toutes les plantes ?

Le purin d’ortie est compatible avec la quasi-totalité des plantes du potager, du verger et du jardin d’ornement. La seule exception concerne les légumineuses (haricots, pois, fèves, lentilles, pois chiches) qui fixent naturellement l’azote atmosphérique via leurs nodosités racinaires. Un apport supplémentaire en azote favoriserait la croissance du feuillage au détriment des gousses et des graines.

Comment conserver le purin d’ortie et combien de temps ?

Le purin filtré se conserve 3 à 6 mois dans des bouteilles ou bidons opaques hermétiquement fermés, stockés dans un endroit frais et à l’abri de la lumière (cave, garage). La lumière et la chaleur dégradent les principes actifs. Au-delà de 6 mois, le purin perd en efficacité fertilisante et antifongique, mais reste utilisable comme amendement du sol.

À quelle dilution utiliser le purin d’ortie ?

Le taux de dilution varie selon l’usage : 2 à 5 % pour les pulvérisations foliaires (répulsif et antifongique), 10 % pour les arrosages au pied (engrais azoté), 1 à 3 % pour les systèmes goutte-à-goutte, et 20 % pour le trempage de racines avant repiquage. Le purin pur n’est utilisé qu’en désherbant ciblé, directement sur les mauvaises herbes, jamais sur les plantes cultivées.

Pourquoi mon purin d’ortie sent-il vraiment très mauvais ?

Une odeur forte est normale, c’est le signe d’une fermentation active. En revanche, si l’odeur est véritablement putride et insupportable, cela indique généralement l’une de ces erreurs : le contenant était fermé hermétiquement (les gaz de fermentation s’y sont accumulés), la température a dépassé 25 °C (le mélange a pourri au lieu de fermenter), ou le mélange a été très peu remué. Pour éviter ce problème, couvrez sans fermer, installez le contenant à l’ombre, et remuez deux à trois fois par jour.

Quelle est la différence entre le purin d’ortie et le purin de consoude ?

Les deux purins sont complémentaires et se succèdent dans le calendrier cultural. Le purin d’ortie est riche en azote : il stimule la croissance végétative et s’utilise du semis jusqu’aux premiers boutons floraux. Le purin de consoude est riche en potasse et en phosphore : il prend le relais à la floraison et favorise la production de fleurs et de fruits. Dans la pratique, arrosez au purin d’ortie en début de saison puis passez au purin de consoude dès que vous observez les premiers boutons floraux.

Le purin d’ortie est-il autorisé en France ?

Oui, le purin d’ortie est légal en France depuis le décret du 25 juin 2011. Il avait été interdit entre 2006 et 2011 en raison de son assimilation aux produits phytosanitaires soumis à homologation. Depuis, les Préparations Naturelles Peu Préoccupantes (PNPP) – dont le purin d’ortie fait partie – sont librement autorisées à la fabrication et à l’utilisation, aussi bien par les particuliers que par les agriculteurs professionnels, sans formalité administrative.

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Vos commentaires

1 commentaire

  1. Super intéressant très instructif je connaissais le système c’est toujours bon d’en apprendre un peu plus. Merci.

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