Serre en verre ou en polycarbonate : Quel matériau de vitrage choisir ?

Si vous optez pour une serre à parois rigides, vous aurez le choix entre le vitrage en verre ou celui en polycarbonate. Quels avantages offrent chacun de ces matériaux ? Quel est le meilleur vitrage pour une serre de jardin ? Nos conseils pour choisir entre une serre en verre et une serre polycarbonate.

choix serre de jardin en verre ou polycarbonate
Pour être performante, une serre de jardin doit utiliser l’énergie solaire le plus efficacement possible. C’est-à-dire que la serre, ou plus exactement son revêtement, devra transmettre un maximum de lumière aux plantes pour ensuite convertir cette lumière en chaleur (lire l’encart sur le principe d’effet de serre). Quantité de lumière et chaleur sont en effet les deux principaux facteurs de croissance des végétaux. Une serre de jardin devant optimiser les deux.

Pour pénétrer à l’intérieur de la serre de jardin, les rayons du soleil doivent donc traverser efficacement le revêtement. Ce dernier peut être fabriqué en matière plastique (souple ou rigide) ou en verre.

Les différents types de revêtements pour serre :

Serre en plastique souple (serre tunnel)

Les serres en plastique souple ont généralement une forme de tunnel. Cette forme simple sans angles permet de facilement y installer une bâche souple. Ces serres tunnel sont légères et constituées d’une simple structure métallique recouverte d’une bâche plastique pour serre en polyéthylène. Si vous recherchez un modèle de tunnel de jardin, n’hésitez pas à vous rendre sur notre catégorie de serres tunnel.

Serre en plastique rigide (serre polycarbonate)

Le polycarbonate (PC) est un matériau synthétique dur, employé dans de nombreux secteurs industriels : automobile, sécurité, aéronautique, spatial mais aussi dans nos jardins pour la fabrication de serres polycarbonate. Ce polymère thermoplastique rigide et translucide peut être utilisé plein ou au format alvéolaire. Dans cette dernière utilisation, les panneaux sont séparés d’une couche d’air prise en sandwich comme dans un double vitrage. Les plaques polycarbonate alvéolaires peuvent cumuler ainsi deux, trois, voire quatre couches et accroître considérablement le pouvoir isolant de la serre, toutefois au détriment de la transmission lumineuse.

Serre rigide en verre

Historiquement, les premières serres de jardin étaient en verre et destinées à protéger du gel les agrumes comme les orangers (d’où leur appellation d’orangeries). La charpente étant alors faite de fonte, puis de fer forgé ce qui a donné les fameuses serres de l’époque victorienne et leur charpente métallique caractéristiques (la serre des jardins de Kew près de Londres est l’un des plus beaux exemples). Viendront ensuite les structures en acier, puis plus tard en aluminium. Le verre horticole d’aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir avec celui des premières serres. Désormais ultra technologique, il subit de nombreux traitements pour le rendre toujours plus performant : verre hydrophobe, verre hydrophile, verre anti-reflets, verre auto-nettoyant… autant de traitements qui permettront à la serre de s’adapter aux différentes saisons comme au climat de n’importe quelle région.

Principaux types de verre :

  • Verre float (verre flotté) :
    Ce type de verre est bien adapté aux serres de jardin pour particuliers. En plus d’être très résistant, il offre d’excellentes propriétés de transmission de lumière et retient bien la chaleur. Son procédé de fabrication consiste à verser le verre fondu à environ 1500°C sur une couche d’étain liquide avant de le refroidir.
  • Verre securit (verre trempé) :
    Le verre securit a subi un traitement thermique qui le rend particulièrement résistant aux chocs et aux rayures. Cinq fois plus solide que le verre float, il se brise en centaines de petits éclats non tranchants, donc sans risque de coupure.
  • Verre martelé :
    Les serre en verre sont généralement pourvues d’un toit en verre martelé. Ce type de traitement du verre donne un relief gondolé et permet de limiter l’intensité lumineuse directe sur les plantes. En « cassant » l’effet des rayons du soleil, ce verre martelé parfois appelé verre cathédrale évitera aux cultures sensibles d’être brûlées par le soleil en hauteur (phénomène de brûlure de tête). Cela évitera aussi pas mal de stress pour vos cultures.
  • Verre diffus :
    Le verre diffus, comme son nom l’indique, permet de diffuser la lumière transmise à l’intérieur de la serre. Les rayons du soleil sont ainsi propagés sur toute la surface des plantes, en particulier au niveau du feuillage bas, réduisant ainsi fortement les zones d’ombre pour un meilleur rendement global. Autre avantage de ce type de verre : la température entre la partie haute et basse des cultures est plus homogène, favorisant une croissance régulière. Certaines études montrent une augmentation de rendement de 5 à 10% du fait d’une meilleure diffusion de la lumière.
  • Verre à faible émissivité :
    Le verre à basse émissivité (en anglais Low-e) est un verre très résistant. Mais sa principale force est d’assurer une exceptionnelle isolation en bloquant le rayonnement infrarouge sortant, en d’autres termes en empêchant la chaleur de s’échapper vers l’extérieur. À titre de comparaison, un verre classique possède une émissivité de 0.84, signifiant qu’il laissera s’échapper 84% de la chaleur. Un verre Low-e ne laissera quant à lui s’échapper que 4% de la chaleur ! Petit bémol, ce type de verre laisse cependant passer un peu moins de lumière que le verre standard.
serre de jardin construite en bois

Serre en verre "martelé"

explications effet de serre

Zoom sur l’effet de serre

L’effet de serre (nous ne parlons pas ici de l’effet de serre atmosphérique) est le phénomène que nous avons tous expérimenté en pénétrant dans une voiture laissée en plein soleil. Bloquée à l’intérieur de la voiture, la chaleur s’accumule jusqu’à atteindre des températures extrêmes. C’est exactement le même phénomène qui se produit dans une serre de jardin : les parois de la serre jouent leur rôle d’isolant et bloquent la déperdition de chaleur par convection. Plus la serre est bien isolée, plus celle-ci aura tendance à conserver cette chaleur, même lorsque la température extérieure est froide. Des tests effectués dans une serre polycarbonate ont montrés que par un jour d’hiver ensoleillé, et une température extérieure de seulement 5°C, la serre pouvait atteindre une température intérieure de 30°C. Bien sûr, cette chaleur chute ensuite la nuit tombée, mais avec une très bonne isolation, il est possible d’éviter que la température descende en-dessous de 0°C même s’il fait -10°C !

Serre en verre ou serre polycarbonate : laquelle choisir ?

Très proches visuellement l’une de l’autre, de nombreux jardiniers s’interrogent sur les différences entre une serre en verre et une serre polycarbonate pour les cultures. L’une est-elle plus performante que l’autre ? Si oui laquelle choisir ?

Transmission lumineuse : avantage au verre

Le verre est le matériau qui offre la meilleure transmission lumineuse. La « transmittance » est de 90% pour le verre, contre 80% pour le polycarbonate alvéolaire 4mm et 70% pour les plaques à triple paroi de 16mm d’épaisseur. Le polycarbonate offre donc une transparence largement suffisante pour faire pousser tout ce que vous avez envie, malgré tout, son coefficient de transparence reste inférieur à celui du verre.

Durabilité : avantage pour la serre en verre

En dehors du risque de casse, le verre est un matériau à la durabilité exceptionnelle. Sa durée de vie est presque illimitée quand celle du polycarbonate atteindra « seulement » 10 à 20 ans avec un bon entretien. Qu’elle soit en verre ou en polycarbonate, votre serre sera suffisamment robuste pour résister aux averses de grêle, au poids de la neige et aux chocs (ballon, chute de branches...).
Le point faible du polycarbonate n’est pas sa fragilité, c’est un matériau quasi incassable, même par des températures de froid extrême de -40°C. Sa résistance est 250 fois supérieure au verre standard. Ce n’est pas un hasard si le polycarbonate est utilisé pour la fabrication des hublots d’avion ou pour la conception des visières de casques anti-émeutes.

Résistance aux UV : avantage au verre

Contrairement au verre, le polycarbonate est sensible aux rayons ultraviolets et aura tendance à se dégrader sous leur effet. Décoloration, opacification, heureusement de nombreux progrès ont été faits ces dernières années et les plaques polycarbonate pour serres sont systématiquement traitées contre les UV pour augmenter leur durée de vie. Le jaunissement observé sur les anciennes serres est presque inexistant sur les serres polycarbonates modernes. Malgré tout, passé 10 ans et sans un bon entretien, les UV finiront par engendrer de micro-fissures à la surface du polycarbonate, dégradant le niveau de transmission lumineuse.

Isolation : avantage au polycarbonate

En raison de leur poids élevé, les serres en verre à double vitrage ou triple vitrage sont assez rares sur le marché. Les serre en verre d’entrée de gamme seront donc des modèles à vitrage simple, largement inférieur au polycarbonate alvéolaire en termes de résistance thermique, l’indice qui permet de quantifier le pouvoir isolant d’un matériau. Si vous souhaitez hiverner des plantes sensibles au froid ou que vous résidez en altitude, optez pour des plaques polycarbonate de 8mm voire 16mm en région montagneuse. Vous possédez une serre polycarbonate 4mm un peu juste pour résister aux conditions hivernales ? L’astuce consiste à renforcer l’isolation des parois à l’aide d’un film à bulles. Vous en trouverez en larges rouleaux pour calfeutrer votre serre et éviter les déperditions de chaleur.

Installation et entretien : avantage au polycarbonate

Le polycarbonate est un matériau très léger. Près de neuf fois plus léger que le verre pour du PC de 4mm. Du fait de ce très faible poids, c’est donc un matériau très aisé à manipuler. Terrassement, fondations, pose du vitrage... alors que le montage d’une serre en verre doit souvent être réalisé par des professionnels, fixer une serre polycarbonate ou remplacer un panneau de polycarbonate est un jeu d’enfant qui ne nécessite que peu d’outillage. Les plaques pouvant être coupées avec des outils à la portée de tout jardinier un tant soit peu bricoleur : scie circulaire, scie à main à dents fines, perceuse...
Besoin d’une plaque de remplacement ? Vous trouverez des pièces détachées sur notre boutique dans la catégorie des plaques polycarbonate pour serre.
Autre atout : étant un matériau inerte (comme le verre), le polycarbonate n’est pas sujet à la corrosion et pourra être nettoyé avec n’importe quel produit.

équerres en bois de palette

Le polycarbonate est un matériau très facile à travailler

Esthétique : avantage au verre

C’est incontestable : le polycarbonate n’offre pas un aussi bon rendu que le verre. Les serres en verre bénéficient de leur exceptionnelle transparence pour créer un environnement de culture très esthétique voire carrément luxueux sur les modèles les plus haut de gamme. Malgré tout, les serres polycarbonate ont fait d’énormes progrès sur leur apparence. L’aspect « plastique » a été largement gommé et de petites serres « poly » d’entrée de gamme rivalisent sans problème avec leur équivalent en verre.

Prix : avantage au polycarbonate

À moins d’utiliser du verre de récupération (lire notre article sur la fabrication d’une serre en fenêtres recyclées), le polycarbonate représente un meilleur investissement. D’autant qu’au prix de la serre s’ajouteront des frais de livraison plus élevés pour le verre, sans compter la main d’œuvre nécessaire au montage de la serre.

Conclusion du comparatif serre en verre / serre polycarbonate

Pour son parfait compromis entre transparence et isolation thermique, le polycarbonate prendra l’avantage si vous envisagez la construction d’une serre à moindre coûts. Vous pourrez y installer tous types de culture et produire des légumes toute l’année. Vous pourrez même y hiverner vos plantes gélives. Si le prix n’est pas un frein, une serre en verre à double vitrage l’emportera du fait de sa plus grande durabilité et pour ses atouts esthétiques indéniables.

Nos serres polycarbonate :

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